Biographie Jean-Pierre SimĂ©on est nĂ© le 6 mai 1950 Ă  Paris. AgrĂ©gĂ© de lettres modernes en 1974, il enseigna pendant vingt ans la littĂ©rature Ă  l’IUFM de Clermont-Ferrand, ville oĂč il rĂ©side aujourd’hui. PoĂšte, romancier, dramaturge et critique, il a composĂ© une Ɠuvre riche d’une vingtaine de recueils de poĂšmes, mais aussi de TrĂšsbelle poĂ©sie sur la diffĂ©rence pour le cycle 2 LapoĂ©sie de Jean-Pierre SimĂ©on. PubliĂ© le 27/03/2018 Depuisles temps immĂ©moriaux, dans toutes les civilisations, dans toutes les cultures, orales ou Ă©crites, il y eut des poĂštes au sein de la citĂ©. Ils ont toujours fait entendre le diapason de la conscience humaine rendue Ă  sa libertĂ© insolvable, Ă  son audace, Ă  son exigence la plus haute. Quand on n'entend plus ce diapason, c'est bien la cacophonie qui rĂšgne, intellectuelle Bienque l’art soit subjectif, j’ai tentĂ© de sĂ©lectionner des poĂšmes incontournables en me basant sur mes prĂ©fĂ©rences personnelles et leur prĂ©sence dans plusieurs anthologies de la poĂ©sie française que j’ai pu lire. Voici le meilleur de la poĂ©sie engagĂ©e contre le racisme. JeanPierre SimĂ©on, La Nuit respire (extrait de la prĂ©face), Cheyne Ă©diteur, 1987 Jean-Pierre SimĂ©on (nĂ© en 1950) s’adonne Ă  l’écriture sous toutes ses formes : poĂ©sie, théùtre, romans pour la jeunesse. Il est aujourd’hui directeur artistique du « Printemps des poĂštes », association qui a pour rĂŽle de mieux faire connaĂźtre dZiq. â–șUn rĂ©citde ChloĂ© LandriotPrĂ©face de Jean-Pierre SimĂ©on. CoĂ©dition DĂ©charge et Gros Textes, 48 p., 6 €Paradoxe ChloĂ© Landriot est une jeune femme de 36 ans qui cĂ©lĂšbre les temps anciens. Son petit livre s’impose par sa diffĂ©rence dans le champ des parutions actuelles intitulĂ© sobrement Un rĂ©cit, c’est une genĂšse du monde, qui renoue avec la fantaisie et le mystĂšre d’un Supervielle. Le poĂšme est portĂ© par le souffle, le chant rythmĂ© par la longueur des vers et les jeux sur les commence bien dans les noces de l’eau et de la lumiĂšre jaillissent la terre, les plantes et les bĂȘtes, et puis les hommes et le verbe. Le poĂšte cĂ©lĂšbre alors l’harmonie heureuse et les mĂ©tamorphoses du vivant. Nous avons Ă©tĂ© des arbres/Sans effort nos racines/Ont lentement plongĂ© dans le sol/Faites pour Ă©pouser la terre. »Mais vient le rĂšgne de la rationalitĂ© et de ses excĂšs le langage devient instrument de classification. Le monde n’est plus qu’un catalogue » Ă  la merci de l’homme, qui le dĂ©coupe jusqu’à le tuer. Le texte est alors interrompu par le dessin d’une vague dĂ©chaĂźnĂ©e, de l’artiste An SĂ©. Puis ce monde mort, et bien mort, renaĂźt de nouveau Ă  la lumiĂšre. ChloĂ© Landriot explique J’ai peur. J’ai peur pour la planĂšte, pour la Terre, pour mes deux jeunes enfants. Mais c’est parce que je crois Ă  la destruction probable du monde que je m’efforce d’ĂȘtre heureuse. Et la poĂ©sie rĂ©vĂšle l’intensitĂ© de mon sentiment d’ĂȘtre en vie. » La revue DĂ©charge, qui, depuis sa crĂ©ation en 1981, a publiĂ© plus de 1 500 poĂštes d’aujourd’hui, invite les nouveaux talents Ă  publier des recueils chez un Ă©diteur partenaire, Gros livrets fabriquĂ©s artisanalement sont vendus Ă  un prix modique. La diffĂ©rence Jean-Pierre SimĂ©on La diffĂ©rence / Jean-Pierre SimĂ©on Pour chacun une bouche deux yeux deux mains et deux jambes Rien ne ressemble plus Ă  un homme qu’un autre homme Alors entre la bouche qui blesse et la bouche qui console entre les yeux qui condamnent et les yeux qui Ă©clairent entre les mains qui donnent et les mains qui dĂ©pouillent entre les pas sans trace et les pas qui nous guident oĂč est la diffĂ©rence la mystĂ©rieuse diffĂ©rence ? Extrait de La nuit respire Cheyne Ă©diteur. Anthologie, XXe siĂšcle de ALB Chaque matin simplement reparlons-nous du bonheur comme chaque matin on remet ses chaussures C’est par ces mots que Jean-Pierre SimĂ©on, fondateur du Printemps des PoĂštes, Ă©diteur de poĂ©sie et poĂšte lui-mĂȘme a dĂ©cidĂ© d’ouvrir son recueil Politique de la BeautĂ©, paru en 2016. Nous avons voulu rencontrer l’homme qui est Ă©galement l’auteur, dans un proche registre, de La PoĂ©sie sauvera le Monde ou de Lettre Ă  la Femme aimĂ©e au sujet de la Mort pour savoir si la beautĂ© peut vĂ©ritablement ĂȘtre une politique, et ce que ça voudrait dire. Nous pensions deviser esthĂ©tique, lui parlait libertĂ©. Nous croyons que cet entretien, rĂ©alisĂ© avant la pandĂ©mie de ghrume, redonnera Ă  d’autres le courage voire, si nĂ©cessaire, l’envie de vivre, comme il le fit pour nous. La poĂ©sie pourrait-elle nous rappeler ce que vivre signifie ? Écoutons. Jean-Pierre SimĂ©on © Le Printemps des PoĂštes La beautĂ© que l’on croit PostAp Mag. Les temps sont un peu compliquĂ©s
 Est-ce vraiment le moment de lire de la poĂ©sie ou mĂȘme, d’ailleurs, de s’y consacrer ?Jean-Pierre SimĂ©on. Je suis prĂ©cisĂ©ment convaincu que la poĂ©sie est nĂ©cessaire, utile, voire urgente, dans le contexte d’un monde chahutĂ©, tourmenté  OĂč tout va mal, quoi. Parce que la poĂ©sie incarne, manifeste mais permet aussi de partager, de prendre conscience de ce que l’on appelle gĂ©nĂ©ralement la beautĂ© ». C’est un terme attrape-tout, je le sais bien. C’est pour cela que j’essaie de dire, dans ce livre, ce que j’entends, moi, par beautĂ© ». La beautĂ© ce n’est pas, Ă  mon sens, la belle forme, l’harmonie, toutes ces reprĂ©sentations hĂ©ritĂ©es de la tradition, que j’estime enfermantes. Pour moi, la beautĂ©, donc ce que la poĂ©sie exprime, c’est quelque chose qui est de l’ordre de l’énergie. De l’ordre de se tenir debout, de se dresser, dans une sorte d’appĂ©tit du monde et de la rĂ©alitĂ©. Ce mot recouvrirait donc un certain nombre de qualitĂ©s humaines, notamment d’ordre Ă©thique c’est l’énergie, c’est le courage. C’est la luciditĂ©, qui est un courage aussi. C’est le mouvement vers. C’est tout le contraire de l’arrĂȘt, du dĂ©couragement, du ressassement, de la dĂ©ception, de l’enfermement dans l’abandon de tout. J’appelle beautĂ© » tout ce qui est mouvement vers, en fait. Et c’est ce mouvement qui fonde, pour moi, l’humain. PAM. La beautĂ© est en nous ? Car on a souvent l’idĂ©e d’une beautĂ© immanente, lointaine que les artistes, insuffisamment, piteusement, tenteraient de reconstruire
 S. Oui, elle est en nous ! C’est une question immense, bien entendu, et je voudrais d’entrĂ©e prĂ©ciser que je ne la pose pas en tant que philosophe, mais bien en tant que poĂšte je raisonne au plus prĂšs de ma propre sensation des choses, et rien d’autre. C’est la limite de ma parole, sa subjectivitĂ©, que j’assume, car c’est le fait du poĂšte. Pour moi, la beautĂ© se conquiert, se construit. Le mot beautĂ© » n’a de sens que dans une dialectique de combat, d’une lutte quotidienne, individuelle et collective le combat contre la laideur. Et je nomme laideur tout ce qui est forces antagonistes de l’humain », autrement dit tout ce qui est l’alliĂ© de la mort. Toutes les violences faites Ă  l’humain par l’humain et toutes les violences faites Ă  l’homme en l’homme, Ă  la femme en la femme, malgrĂ© lui, malgrĂ© elle. Tous les dĂ©mentis de la vie. Toutes les agressions faites Ă  la vie, dans la vie mĂȘme. Parce que, au fond, notre vie est un combat perpĂ©tuel contre le gouffre et l’abĂźme. PAM. Euh
 S. Je pense que tout commence par la catastrophe. Je l’ai dit souvent, je l’ai Ă©crit. La catastrophe de notre mort, pour commencer. DĂšs que l’on a un peu de conscience
 BĂ©bĂ©s, trĂšs tĂŽt nous vient la conscience de la solitude. LĂ  encore, je ne parle pas en psychanalyste. Je dis ce qu’il me semble. DĂšs qu’il quitte les bras de ses parents, un bĂ©bĂ© apprend la solitude. La solitude de l’enfant qui se trouve, soudain, posĂ© loin des bras, loin de la parole et des yeux, lui est terrible. Et cette solitude-lĂ , cette expĂ©rience de la sĂ©paration, de la perte, de la dĂ©possession, cette connaissance-lĂ , est physique, premiĂšre, initiale. C’est un aperçu de la mort et donc, on commence par la mort, d’une certaine façon. AussitĂŽt qu’on nait. AussitĂŽt qu’on nait, on prend le sentiment de la perte. De la dĂ©possession. De l’abandon. De la solitude. Il me semble que toute notre vie, Ă  la suite, est faite de la conscience de ça, et de l’effort pour dĂ©passer ça. Effort que la vie sans cesse dĂ©ment, puisqu’elle propose sans cesse des gouffres, des gouffres, des nouveaux gouffres et encore des gouffres, qui n’arrĂȘtent pas de confirmer que oui, si si, on est bel et bien nĂ© dans l’abĂźme. Vitraux de la synagogue de l’hĂŽpital d’Hadassah par Marc Chagall DĂ©tail. La vie Ă  plusieurs PAM. Oui, enfin, quand on Ă©coute un peu ce dont se plaint tout le monde, c’est plutĂŽt de payer trop d’impĂŽts. Ou pas les impĂŽts qu’il faudrait, Ă  la S. Bien sĂ»r. Je vais rĂ©pondre plus directement mais d’abord, je prĂ©cise que je parlais Ă©videmment d’un point de vue purement psychologique, du destin de la vie de chacun. De nos proches, qui meurent les uns aprĂšs les autres, jusqu’à ce que ce soit notre tour. On est mutilĂ© sans cesse comme ça. Et la beautĂ© dont je parle, ce construire-humain » donc, c’est ce qui s’inscrit contre ces mutilations. C’est sans cesse rĂ©parer la mutilation, d’abord, et la dĂ©passer, ensuite. Car autant on est mutilĂ©, autant on est augmentĂ© en face. Chaque mort, chaque dĂ©possession, chaque perte, chaque oubli qui nous dĂ©possĂšde
 À chaque fois on peut se reconstruire dans l’énergie inverse. Seulement, il faut le vouloir. Il faut pour cela un acte de dĂ©cision. C’est pourquoi, Ă  sa maniĂšre, ce titre, Politique de la BeautĂ©, insiste en rĂ©alitĂ© sur le mot politique » c’est une action concertĂ©e et rĂ©flĂ©chie. Mais Ă  la faveur de votre question marrante, il y a quelque chose dont je tiens compte, c’est que ce qui nous empĂȘche d’ĂȘtre humains et de nous accomplir dans l’humanitĂ©, c’est tout le reste. Tout ce qui est du domaine du concret et du matĂ©riel, c’est Ă  dire de la relation sociale par exemple, la relation Ă  l’autre, du moins telle qu’elle est dĂ©finie par les fonctions, les rĂŽles, les revenus des uns et des autres, et ainsi de suite. LĂ  oĂč sans cesse, on le voit bien, il y a des humiliations, des amputations, qui tiennent tout simplement Ă  l’ordinaire des mĂ©canismes sociaux. Et puis il y a aussi les grandes oppressions, symboliques, des sociĂ©tĂ©s religieuses, idĂ©ologiques et sociales. Oppressions et des mutilations, lĂ  encore. Pour le dire autrement, ou le redire il y a plein de strates d’empĂȘchements et nous sommes sans arrĂȘt au combat. Si l’on veut ĂȘtre une conscience libre, qui se dresse, qui possiblement trouve un sens Ă  sa vie, qui est en accord avec la vie, en accord exact avec la vie c’est cela qu’on appelle le bonheur, c’est pour cela qu’il ne saurait ĂȘtre qu’éphĂ©mĂšre et transitoire
 Eh bien, tout ça, ça ne se donne pas. Ça n’est pas donnĂ©, jamais. Ça ne peut se trouver que dans la conquĂȘte et dans le combat. PAM. Le combat ? S. Le combat contre ce que j’appelle la laideur. Toutes les laideurs de l’existence. Qu’elles soient mĂ©taphysiques, ontologiques, aussi bien que
 Disons, que toutes les merdes de l’existence, quoi. Tout ce qui est violence et agressions contre nos dĂ©sirs, contre notre volontĂ© d’ĂȘtre bien, libre et de vivre simplement. PoĂ©sie la diffĂ©rence. Pour chacun une bouche deux yeux deux mains deux jambes Rien ne ressemble plus Ă  un homme qu'un autre homme Alors entre la bouche qui blesse et la bouche qui console entre les yeux qui condamnent et les yeux qui Ă©clairent entre les mains qui donnent et les mains qui dĂ©pouillent entre les pas sans trace et les pas qui nous guident oĂč est la diffĂ©rence la mystĂ©rieuse diffĂ©rence? Jean-Pierre SimĂ©on " Seules des mains vraies Ă©crivent de vrais poĂšmes. Je ne vois pas de diffĂ©rence de principe entre une poignĂ©e de main et un poĂšme ". Paul Celan,... Lire la suite 13,00 € Neuf ExpĂ©diĂ© sous 3 Ă  6 jours LivrĂ© chez vous entre le 1 septembre et le 6 septembre " Seules des mains vraies Ă©crivent de vrais poĂšmes. Je ne vois pas de diffĂ©rence de principe entre une poignĂ©e de main et un poĂšme ". Paul Celan, lettre Ă  Hans Bender. Cette formule de Paul Celan, que Jean-Pierre SimĂ©on aime citer, caractĂ©rise aussi bien sa posture d'Ă©crivain que son rapport au monde. PoĂšte de la fraternitĂ© et de la main tendue, il l'est assurĂ©ment. Ses recueils, autant que ses romans ou ses textes dramatiques, rĂ©vĂšlent un auteur qui fait de la littĂ©rature le lieu de toutes les rencontres, de tous les partages, de toutes les expĂ©riences de vie. Une fraternitĂ© qui est Ă©galement au coeur de sa dĂ©marche d'homme, celle d'un optimiste tragique qui fait du rapport humain un rempart contre l'angoisse de vivre - et de mourir. Date de parution 01/10/2008 Editeur ISBN 978-2-84562-138-1 EAN 9782845621381 PrĂ©sentation BrochĂ© Nb. de pages 144 pages Poids Kg Dimensions 14,0 cm × 20,0 cm × 1,0 cm

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