LavĂ©ritĂ© est que le nom de Dieu figure des milliers de fois dans les vieux manuscrits de la Bible. Par consĂ©quent, JĂ©hovah veut que vous connaissiez son nom et que vous l’utilisiez. En quelque sorte, il se sert de la Bible pour se prĂ©senter Ă  vous. 15. Douter est-ce renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© ? La raison humaine est-elle, par nature, conduite Ă  supposer dans le monde plus d'ordre qu'elle n'en trouve ? Est-on maĂźtre de ses dĂ©sirs ? Le langage sert-il Ă  exprimer la rĂ©alitĂ© ? Pourquoi ? L'historien est-il homme de science ? Les mots cachent-ils les choses ? Y a-t-il des vĂ©ritĂ©s dont il n'est pas permis de douter ? Peut-on ne pas savoir ce ï»żLeprĂ©sident d’”Ensemble pour la RĂ©publique”, MoĂŻse Katumbi Chapwe, via un communiquĂ© publiĂ© ce dimanche 21 aoĂ»t, appelle le gouvernement Ă  faire preuve de responsabilitĂ©, en interdisant la dĂ©molition du lycĂ©e Lubusha pour poursuivre l'extraction du cuivre Ă  Luishia, situĂ©e Ă  plus ou moins 90 km de Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga. LePrĂ©sident Macky Sall, maĂźtre du jeu politique depuis une dizaine d’annĂ©es, est-il en train de perdre petit Ă  petit la main ? AprĂšs la bĂ©rĂ©zina des Locales et la relative dĂ©route aux LĂ©gislatives qui lui ont coĂ»tĂ© sa majoritĂ© mĂ©canique Ă  l’AssemblĂ©e nationale, une premiĂšre dans l’histoire politique du SĂ©nĂ©gal, la question taraude bien des esprits qui s’interrogent QuandChrist nous appelle Ă  renoncer Ă  nous-mĂȘme, c’est dans une pleine dĂ©pendance Ă  lui, en crucifiant activement la chair avec ses passions et ses dĂ©sirs (voir Galates 5.19-21 ), afin que nous vivions par l’Esprit et que nous marchions selon lui ( Galates 5.25 ). Quand Christ nous appelle Ă  renoncer Ă  nous-mĂȘme, ce n’est pas DĂšslors, croire, c’est accepter sans preuve ce que la raison, elle aussi, accepte sans preuve. Le sujet raisonnable ne renonce pas Ă  sa raison, mais sa croyance s’oriente dans le sens de sa raison : elle accepte ce que la raison accepte ; elle compose ainsi avec la raison. K6N8Jj. Épreuve tant redoutĂ©e, qui lance les Ă©preuves du Bac. Voici les corrigĂ©s de philosophie, premiĂšre Ă©preuve passĂ©e ce lundi par les candidats des sĂ©ries gĂ©nĂ©rales et technologiques au Bac 2018.=> Consultez ici les sujets du Bac Philo 2018=> Retrouvez aussi notre Facebook Live spĂ©cial corrigĂ© "Bac Philo 2018"Examen du lundi 18 juin 2018 de 8h Ă  12hDurĂ©e de l'Ă©preuve de philosophie 4hCorrigĂ©s SĂ©ries L - CorrigĂ© des SĂ©ries ES - CorrigĂ© des SĂ©ries S - CorrigĂ© des SĂ©ries TechnoLes propositions qui suivent ne constituent pas une correction dĂ©finitive mais des Ă©lĂ©ments de rĂ©flexion. Il est important que les candidats se rappellent que les attentes, en ce qui concerne l'Ă©preuve de philosophie, sont avant tout l'exercice rĂ©flĂ©chi du jugement et le tĂ©moignage d'une culture philosophique du Bac Philo SĂ©rie L LittĂ©raire Coef. 7CorrigĂ© Sujet 1 La culture nous rend-elle plus humain ?Le sujet est assez classique dans sa premiĂšre chose Ă  faire ici est de se demander, de façon un peu innocente pourquoi, alors que la culture est par essence humaine, elle ne nous rendrait pas humain et mĂȘme plus humain ? Le rĂŽle de la culture n’est-il pas de nous dĂ©tacher de l’animalitĂ©, par exemple ?Le sujet sous-entend deux Ă©lĂ©ments 1 la distinction nature/culture si la culture nous rend plus humain, nous sort-elle alors de plus en plus de la nature ?,2 la notion de progrĂšs qu’implique le plus » plus humain que quoi ? Cependant, ce plus » sous-entend que nous sommes dĂ©jĂ  quelque peu humains avant l’apparition de la culture, ou mĂȘme sans reformulĂ©e, la question peut donner Le passage de la nature Ă  la culture nous amĂ©liore-t-il dans notre humanitĂ© ?La difficultĂ© du sujet rĂ©side notamment dans les dĂ©finitions ainsi que l’analyse des concepts de culture », d’ humain », sans nĂ©gliger le verbe rendre ».Le mot culture » est prioritairement Ă  prendre au sens de civilisation », sociĂ©tĂ© », tel qu’il a dĂ» ĂȘtre dĂ©fini en tant que tĂȘte de chapitre du programme La culture ». TrĂšs secondairement, on pouvait, Ă  un moment donnĂ©, parler de culture au sens du savoir, au mĂȘme titre que les notions du programme qui composent l’analyse de la notion de culture l’histoire, le langage, l’art, etc..Question fondamentale Ă  se poser qu’est-ce qu’ĂȘtre humain ? Mot dĂ©finissable par distinction culture/nature mais aussi en soi la culture comme ensemble d’activitĂ©s que l’ĂȘtre humain convenait aussi de s’interroger sur le verbe nous rend-elle » qui suppose une progression du l’humanitĂ© de l’ĂȘtre humain, en quelque sorte, un mouvement, une notions du programme en jeu dans le sujet sont la culture » et possiblement les notions qui composent cette tĂȘte de chapitre, autrui », mais aussi ce qui peut tantĂŽt ĂȘtre questionnĂ© comme Ă©tant le propre de l’homme la raison », la conscience » ou encore des interrogations proprement humaines sur la libertĂ© » la culture nous rend-elle plus humain en nous rendant plus libres ? ; des notions du programme pouvaient aussi ĂȘtre vues comme moyens ou conditions de notre humanitĂ© ou au contraire de notre inhumanitĂ© par exemple la technique ».Quelques auteurs possibles Descartes, TraitĂ© de l’ Discours sur l’origine est les fondements de l’inĂ©galitĂ© parmi les hommes et Contrat social, livre 1Nietzsche, Humain trop La question de la Ă©tait possible de raisonner selon le plan suivant I - La culture nous rend, par dĂ©finition, plus humains Ă  l’égard de nous-mĂȘmes par elle nous nous dĂ©tachons de plus en plus la nature et de l’ - La culture nous rend plus humain sans pour autant nous dĂ©tacher de la nature et de l’animalitĂ©, Ă  l’égard desquelles nous conservons un intĂ©rĂȘt - La culture est au contraire ce qui produit les moyens d’une inhumanitĂ© Ă  l’égard de nous-mĂȘme comme Ă  l’égard des autres on pouvait terminer par un problĂšme actuel, par exemple, le transhumanisme, en se demandant si ce progrĂšs de la culture ne nous transformerait pas en Sujet 2 Peut-on renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© ?Le sujet est assez classique dans sa il faut s’étonner d’une telle question pourquoi, alors que nous tenons tant, en rĂšgle gĂ©nĂ©rale, Ă  la vĂ©ritĂ©, pourrions-nous y renoncer ?La question Peut-on renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© ? » implique qu’il y aurait quelque chose, finalement, de nĂ©gatif dans la vĂ©ritĂ©, de trois points de vue. D’abord du point de vue de la connaissance bien qu’attachĂ© Ă  la vĂ©ritĂ©, on envisage ici la possibilitĂ© de renoncer Ă  la connaissance vraie alors pourquoi ?. Ensuite d’un point de vue moral possĂ©dant une vĂ©ritĂ©, ai-je le droit d’y renoncer ? Enfin, d’un point de vue psychologique puis-je renoncer Ă  une vĂ©ritĂ© douloureuse ?Une difficultĂ© un piĂšge » se trouve dans l’énoncĂ© il s’agit de renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© » et non Ă  la recherche de la vĂ©ritĂ©. Ce qui veut dire j’ai une vĂ©ritĂ© et j’y renonce et non je cherche la vĂ©ritĂ©, je ne la trouve pas, et je renonce Ă  cette recherche.La mot vĂ©ritĂ© » a Ă  ĂȘtre pris dans diffĂ©rents sens, afin d’ouvrir la question et les possibilitĂ©s de plan. Par exemple, la vĂ©ritĂ© comme adĂ©quation entre la pensĂ©e ou la parole d’une part, et le rĂ©el d’autre part. Dans ce cas, pouvoir renoncer Ă  la vĂ©ritĂ©, c’est pouvoir renoncer Ă  dire ce qui s’est passĂ©, ou Ă  y penser Ă©videmment, en prĂ©cisant pourquoi nous serions amenĂ©s Ă  un tel renoncement, et si, moralement, nous le pouvons.Le verbe peut-on » se questionne donc d’un point de vue moral avons-nous le droit ? mais aussi d’un point de vue psychologique est-il possible de se dĂ©tacher d’une vĂ©ritĂ© dont nous aurions au fond besoin ? Sans oublier le point de vue de la connaissance elle-mĂȘme si un savoir est vrai, ne s’impose-t-il pas Ă  nous ?Il faut aussi considĂ©rer le la » de la vĂ©ritĂ© » la question n’est pas Peut-on renoncer Ă  une vĂ©ritĂ© ? », en particulier, mais Ă  la vĂ©ritĂ© en gĂ©nĂ©ral. Il faut se demander s’il existe une vĂ©ritĂ© gĂ©nĂ©rale, voire faut ĂȘtre concret et analyser les consĂ©quences possibles de ce renoncement le mensonge, l’oubli, par notions du programme en jeu dans le sujet sont la vĂ©ritĂ©, la raison et le rĂ©el, la conscience, la libertĂ© suis-je libre de renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© ? Ă©tait possible de raisonner selon le plan suivant I - On ne peut renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© car cette derniĂšre s’impose Ă  nous, par exemple - On ne peut moralement renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© car cette derniĂšre relĂšve du devoir de vĂ©ritĂ©, de mĂ©moire.III - On peut renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© quand celle-ci s’avĂšre possibles Sextus Empiricus, Hypotyposes MĂ©ditation mĂ©taphysique, Le gai mettre en lien avec la notion de bonheur par exemple renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© rend-il heureux ?CorrigĂ© Sujet 3 explication de texte Texte de SchopenhauerLe sujet 3 est difficile dans son approche et son traitement car son concept central n’est pas contenu directement dans le programme des notions ce qui est tout Ă  fait possible et prĂ©vu puisque les sujets de philosophie ne sont pas des questions de cours, mais de vĂ©ritables sujets de rĂ©flexion sur un problĂšme qu’une interrogation ou qu’un texte soulĂšveIl ne fallait donc pas chercher Ă  plaquer mĂ©caniquement sur le texte de Schopenhauer des connaissances apprises par notion centrale du texte est la peur. Il faut avoir fait plusieurs lectures attentives du texte, jusqu’au bout, pour voir ce concept. Ce dernier est prĂ©sentĂ© en fin de texte comme la rĂ©capitulation d’une dit Schopenhauer sur la peur la thĂšse du texte ? la peur qui peut nous retenir d’agir est plus ou moins consciente car nous cachons ce sentiment un peu honteux par une cause plus noble », des raisons purement morales ».Cette notion de peur est analysĂ©e dans le 2nd paragraphe. Le rĂŽle du 1e paragraphe est d’amener et de faire comprendre a contrario la peur, par son contraire donc, Ă  savoir le dĂ©sir encore et toujours de façon plus ou moins consciente de voir quelque chose arriver, mais qu’on peut se cacher Ă  argumentation est assez concrĂšte comment, en nous, la peur se forme-t-elle ? Il ne s’agit pas de la peur brutale qui nous saisit face Ă  un monstre par exemple, mais du sentiment diffus, plus ou moins conscient, qui s’installe en nous dĂšs que nos avons une dĂ©cision importante Ă  prendre ou une action cruciale Ă  peur peut ĂȘtre ici comprise comme la peur de perdre, la peur d’affronter des situations incertaines ou de devoir prendre des au fond un texte Ă  dimension morale philosophie de l’action et psychologique philosophie des sentiments sur les motifs » encore une fois, plus ou moins conscients qui nous retiennent ou nous poussent.Notions du programme en jeu la vĂ©ritĂ©, la conscience et l’inconscient, la morale, le dĂ©sir, le du Bac Philo SĂ©rie ES Economique et sociale Coef. 4CorrigĂ© Sujet 1 Toute vĂ©ritĂ© est-elle dĂ©finitive ?Le premier sujet de la sĂ©rie ES est assez classique puisqu'il confronte la notion de vĂ©ritĂ© avec son caractĂšre temporel et relatif. Le sujet est trĂšs large et n'a donc pas de plan type. Il faut d'abord que le candidat se consacre Ă  une dĂ©finition des notions. La vĂ©ritĂ© se dĂ©finit traditionnellement comme l'adĂ©quation entre nos pensĂ©es et le rĂ©el. Le rĂ©el existe, il est prĂ©sent mais pouvons-nous le connaĂźtre dĂ©finitivement pour autant ? C'est lĂ  l'enjeu de la question. Les candidats doivent s'attarder sur la notion "dĂ©finitive". Ce qui est dĂ©finitif est considĂ©rĂ© comme achevĂ©, certain, irrĂ©vocable. Enfin il fallait noter que le sujet demande si "toute" vĂ©ritĂ© est dĂ©finitive, ce qui sous-entend la possibilitĂ© de distinguer plusieurs formes de premiĂšre hypothĂšse que les candidats pouvaient envisager est tout simplement de constater que la vĂ©ritĂ©, peu importe le domaine dans lequel nous nous inscrivons, semble connaĂźtre des Ă©volutions. De façon privilĂ©giĂ©e, ce que nous dit la science Ă  propos du rĂ©el subit des transformations, voire des rĂ©volutions, au cours du pour autant, cette Ă©volution remet-elle en cause la notion de vĂ©ritĂ© ou, au contraire, notre capacitĂ© Ă  y parvenir ? Il faut alors dĂ©gager une mĂ©thode d'accĂšs Ă  la vĂ©ritĂ©. La dĂ©monstration est le moyen privilĂ©giĂ© pour rĂ©aliser cet objectif. Cette mĂ©thode possĂšde nĂ©anmoins le risque de s'Ă©loigner du rĂ©el Ă  cause de son caractĂšre trop formel, ce qui nous Ă©loignera Ă©galement de la vĂ©ritĂ© entendue comme adĂ©quation au faut-il donc distinguer au sein mĂȘme de la vĂ©ritĂ© plusieurs formes possibles. Il y aurait des vĂ©ritĂ©s dĂ©finitives comme celles du cogito cartĂ©sien ou certaines vĂ©ritĂ©s de la science et d'autres qui sont vouĂ©es Ă  Ă©voluer au cours du temps comme les vĂ©ritĂ©s qui reposent sur une auteurs pour un tel sujet sont nombreux. Les candidats pouvaient faire rĂ©fĂ©rence au dĂ©bat entre Platon et Protagoras en ce qui concerne la relativitĂ© de la vĂ©ritĂ© ou encore Ă  l'allĂ©gorie de la caverne. Le cogito cartĂ©sien apparaĂźt comme une rĂ©fĂ©rence importante. L'opposition entre phĂ©nomĂšnes et noumĂšnes rĂ©alitĂ© intelligible, opposĂ©e au phĂ©nomĂšne sensible, NDLR proposĂ©e par Kant peut ĂȘtre utile. Sinon, ils pouvaient aller chercher des auteurs en Ă©pistĂ©mologie comme Popper, Duhem...CorrigĂ© Sujet 2 Peut-on ĂȘtre insensible Ă  l'art ?Le deuxiĂšme sujet est intĂ©ressant puisqu'il repose sur un paradoxe. A premiĂšre vue, il semble difficile d'ĂȘtre insensible Ă  l'art puisque l'essence mĂȘme de l'art est d'interpeller notre sensibilitĂ©. L'art n'a pas seulement pour fonction de toucher notre sensibilitĂ©, il a Ă©galement une fonction intellectuelle, mais il y parvient normalement en passant par nos faut donc, dans un premier temps, travailler ce paradoxe en insistant sur le fait que l'art est le propre de l'homme. Il tĂ©moigne de notre appartenance Ă  une culture et donc Ă  l'humanitĂ©. L'art est donc essentiel Ă  l'homme et il apparaĂźt difficile d'y ĂȘtre il arrive que nous ne soyons pas touchĂ©s par certaines formes d'art. Il faut alors faire subir au sujet une lĂ©gĂšre inflexion. S'il semble difficile qu'un individu soit insensible Ă  tout art, il peut l'ĂȘtre Ă  certaines manifestations de l'art. C'est un phĂ©nomĂšne que l'on retrouve par exemple avec l'insensibilitĂ© qu'une partie du public peut Ă©prouver Ă  l'Ă©gard de l'art faut alors rechercher la cause de cette insensibilitĂ© et on voit assez vite qu'elle repose souvent sur une certaine incomprĂ©hension, ce qui permet de renverser le rapport traditionnel que l'on attribue entre sensibilitĂ© et intellection. Il est peut-ĂȘtre nĂ©cessaire de comprendre une oeuvre pour y ĂȘtre sensible et non l' candidats pouvaient faire rĂ©fĂ©rence aux travaux de Hume sur la sensibilitĂ©, Ă  ceux de Kant sur la maniĂšre de distinguer l'agrĂ©able du beau. Ils pouvaient Ă©galement utiliser des auteurs plus contemporains comme Danto ou Goodman sur la relation du public Ă  l'art contemporain. Il Ă©tait Ă©galement possible de solliciter Hegel pour insister sur l'importance de l'intellect en Sujet 3 explication de texte Durkheim, Les formes Ă©lĂ©mentaires de la vie religieuseLe texte proposĂ© aux Ă©lĂšves de ES est assez simple dans sa formulation mais peut avoir un caractĂšre dĂ©routant pour les candidats car il ne renvoie pas clairement Ă  une notion du objet concerne le rapport Ă  autrui et, plus particuliĂšrement, l'influence que peut avoir autrui sur nous du fait de son problĂšme que se pose ici Durkheim est de savoir comment certains individus exercent-ils une influence sur les autres ? Comment le rapport d'autoritĂ© se manifeste-t-il ?Il dĂ©fend la thĂšse selon laquelle l'autoritĂ© provient d'une reconnaissance en une "Ă©nergie psychique" particuliĂšre qui limite la volontĂ© de celui qui obĂ©it. L'enjeu du texte est donc de travailler ce rapport si particulier qui existe entre ceux qui commandent et ceux qui texte est divisĂ© en deux parties. Dans un premier temps, l'auteur s'attache Ă  travailler le rapport d'autoritĂ© avant de l'appliquer au cas particulier du commandement dans une deuxiĂšme candidats devaient d'abord dĂ©finir les notions d'obĂ©issance, d'autoritĂ© morale, d'Ă©nergie psychique. Il est bon d'insister sur le caractĂšre Ă©tonnant de cette notion d'Ă©nergie psychique. Le rapport entre notre volontĂ© et celle de celui qui impose le respect doit ĂȘtre traitĂ©. Les notions de prescription et de commandement sont importantes. Il faut Ă©galement rĂ©flĂ©chir Ă  la notion d'intensitĂ©. Le texte n'est pas forcĂ©ment complexe mais demande une attention particuliĂšre. Le risque pour les candidats est de faire une longue paraphrase du texte au lieu de rĂ©aliser un travail patient d' Retrouvez les corrections du Bac Philo 2018 en Facebook Live CorrigĂ©s Bac Philo 2018 l'Ă©preuve de philo est terminĂ©e, voici les corrigĂ©s en Live! Posez-nous vos questions en commentaires - En partenariat avec Nomad Education - applis de rĂ©visions pour le bac by Le Parisien Etudiant on Monday, June 18, 2018CorrigĂ© du Bac Philo SĂ©rie S Scientifique Coef. 3CorrigĂ© Sujet 1 Le dĂ©sir est-il la marque de notre imperfection ?Sujet assez classique le dĂ©sir, formulation assez inĂ©dite. Assez difficile Ă  cause de la notion d’imperfection qu’il faut bien analyser. ReformulĂ©e, la question donne Le dĂ©sir est-il notre noblesse possible ou notre misĂšre rĂ©elle ? ProgrĂšs ou dĂ©cadence ?Il faut prĂ©ciser le sens de marque » qui est une mĂ©taphore, qui signifie la preuve, ou encore l’indice, ou le signe de reconnaissance de notre fallait voir les diffĂ©rentes dĂ©finitions, acceptions et conception du dĂ©sir afin de trouver des pistes diffĂ©rentes. Par exemples - Le dĂ©sir comme manque, souffrance, dĂ©sespoir, frustration. Dans ce cas, le dĂ©sir est la marque de notre Le dĂ©sir opposĂ© au besoin, comme tendance noble vers quelque chose de bon dans ce cas, le dĂ©sir peut, dans son mouvement et dans sa rĂ©alisation, tendre vers la perfection est Ă©galement intĂ©ressant de bien creuser les implications du mot imperfection » - le contraire de la perfection se demander si nous pouvons ĂȘtre parfaits ;- la possibilitĂ© d’un perfectionnement, d’une amĂ©lioration devenons-nous meilleurs moralement par exemple si nous renonçons au dĂ©sir ou Ă  certains dĂ©sirs ?Les notions du programme en jeu dans le sujet sont le dĂ©sir, la morale, la culture, la conscience, la auteurs possibles Épicure, Lettre Ă  Le monde comme volontĂ© et comme Ă©tait possible de raisonner selon le plan suivant I - Le dĂ©sir est la marque de notre - Le dĂ©sir n’est la marque que d’une certaine imperfection, tout dĂ©pend du dĂ©sir dont on - Le dĂ©sir est la marque, non de notre perfection nul n’est parfait, mais le moyen de notre perfectionnement, et donc la marque de notre on pouvait ouvrir sur la question fondamentale de notre libertĂ© face Ă  nos Sujet 2 Eprouver l’injustice, est-ce nĂ©cessaire pour savoir ce qui est juste ?Le sujet est assez difficile dans sa formulation, et assez inĂ©dit en problĂšme de cette question repose sur deux distinctions, entre injustice » et juste », entre Ă©prouver » et savoir ».La premiĂšre distinction nĂ©cessite de bien reprendre des dĂ©finitions de la justice vues en cours, puis de dĂ©finir a contrario ce qu’est l’injustice peut-on comprendre l’injuste par son contraire ?La seconde distinction repose sur la dualitĂ© sentiment/ raison, Ă©prouver » affectivement VS savoir » rationnellement. Il faut se demander si un sentiment d’injustice peut reposer sur une idĂ©e de justice. Eprouver l’injustice est-il naturel ou nĂ©cessite-il un savoir, moral, juridique, ou encore politique ?ReformulĂ©e, la question donne Faut-il possĂ©der une idĂ©e rationnelle de la justice pour ressentir l’injustice ? La connaissance du juste est-elle une condition prĂ©alable Ă  tout sentiment d’injustice ?Il faut donc bien se demander en quoi consiste le problĂšme, car habituellement nous pensons que le sentiment d’injustice est premier l’exemple du jeune enfant qui ressent de l’injustice sans forcĂ©ment connaĂźtre l’idĂ©e de justice et que l’idĂ©e de justice est le fruit d’une rationalisation faut prĂ©ciser Ă©galement nĂ©cessaire » ici, une condition impĂ©rativement notions du programme en jeu dans le sujet sont la justice, le droit, le sujet, la conscience, la Ă©tait possible de raisonner selon le plan suivant I - Eprouver l’injustice est une condition prĂ©alable et nĂ©cessaire Ă  la connaissance du justeII - Il faut avoir une idĂ©e du juste pour ressentir authentiquement l’injusticeIII - On Ă©prouve d’abord l’injustice de laquelle on se forge une idĂ©e du juste, idĂ©e qui sert alors Ă  juger rationnellement l’injusticeAuteurs possibles Platon, RĂ©publique mythe de GygĂšs.Aristote, Ethique Ă  Discours sur l’origine et les fondements de l’inĂ©galitĂ© parmi les ThĂ©orie de la s’interroger sur les liens entre justice, injustice et Sujet 3 Texte de MillLe sujet est trĂšs difficile dans son approche et son texte porte sur la question du possible lien de causalitĂ© entre les lois et les phĂ©nomĂšnes de la nature d’une part, les autres phĂ©nomĂšnes, humains et sociaux d’autres problĂšme peut ĂȘtre posĂ© ainsi habituellement, les lois et les phĂ©nomĂšne humains et sociaux se comprennent indĂ©pendamment des lois et phĂ©nomĂšnes de la prend le contre-pied de cette idĂ©e et Ă©nonce la thĂšse suivante tous les phĂ©nomĂšnes humains sont en mĂȘme temps des phĂ©nomĂšnes de la nature. Pourquoi ? Car les lois qui rĂ©gissent la nature et la sociĂ©tĂ© sont les mĂȘmes. Or, la nature Ă©tant antĂ©rieure Ă  la sociĂ©tĂ©, la premiĂšre dĂ©termine la doit ĂȘtre prĂ©cisĂ©e ainsi tout au long de l’analyse les lois sont toujours les mĂȘmes, ce sont les circonstances dans lesquelles les lois s’appliquent qui changent circonstance naturelles VS circonstances sociales.Il Ă©tait bon de donner quelques exemples, finalement simples la loi physique de la pesanteur qui s’applique dans la nature, s’applique aussi Ă  dans sociĂ©tĂ© humaine mais pas sur les mĂȘmes rĂ©alitĂ©s et pas dans les mĂȘmes circonstancesNotions du programme en jeu la raison et le rĂ©el, la dĂ©monstration, la du Bac Philo SĂ©ries Technologique sauf STHR Coef. 2Les propositions qui suivent ne constituent pas une correction dĂ©finitive mais des Ă©lĂ©ments de rĂ©flexion. Il est important que les candidats se rappellent que les attentes, en ce qui concerne l'Ă©preuve de philosophie, sont avant tout l'exercice rĂ©flĂ©chi du jugement et le tĂ©moignage d'une culture philosophique Sujet 1 L'expĂ©rience peut-elle ĂȘtre trompeuse ?Le premier sujet proposĂ© aux sĂ©ries technologiques est classique mais peut apparaĂźtre complexe aux faut d'abord dĂ©finir les notions du sujet. La notion d'expĂ©rience est assez large puisqu'elle traverse l'ensemble de notre existence. Il est possible de la dĂ©finir comme une certaine Ă©preuve conduisant Ă  une connaissance ou Ă  une maĂźtrise. On la retrouve dans notre quotidien mais aussi plus particuliĂšrement dans le domaine scientifique. Le caractĂšre trompeur d'une chose signifie que celle-ci nous fait croire qu'elle nous donne accĂšs Ă  la vĂ©ritĂ© alors qu'elle nous induit en de tromperie est particuliĂšrement importante pour la notion d'expĂ©rience puisqu'elle se donne comme le moyen d'engranger des savoirs ou de maĂźtriser des techniques. Il apparaĂźt donc, Ă  premiĂšre vue, que l'expĂ©rience n'est pas le temps fait que nous nous rendons parfois compte qu'une expĂ©rience nous a trompĂ© et que ce que nous pensions ĂȘtre vrai s'est rĂ©vĂ©lĂ© qu'est-ce qui nous a permis de prendre conscience de cette tromperie ? L'expĂ©rience elle-mĂȘme. C'est lĂ  le paradoxe de l'expĂ©rience. MĂȘme si elle peut parfois ĂȘtre trompeuse, elle est le seul moyen que nous avons pour la corriger. C'est donc l'expĂ©rience qui permet de corriger l' candidats pouvaient utiliser les oeuvres d'Aristote ou de Locke pour montrer que l'expĂ©rience constitue notre premier mode d'accĂšs Ă  la vĂ©ritĂ©. Il Ă©tait bon d'utiliser Descartes et le doute systĂ©mique qu'il utilise pour montrer que nos expĂ©riences sont parfois trompeuses. Enfin, les candidats pouvaient utiliser un auteur comme Bachelard pour dĂ©fendre l'idĂ©e selon laquelle l'expĂ©rience scientifique vient corriger notre expĂ©rience Sujet 2 Peut-on maĂźtriser le dĂ©veloppement technique ?Le deuxiĂšme sujet est assez classique Ă©galement mais possĂšde certains Ă©chos avec l'actualitĂ© et les craintes que peut provoquer le dĂ©veloppement notion de technique se dĂ©finit comme l'ensemble des moyens utilisĂ©s par l'homme pour transformer son milieu. La technique est une caractĂ©ristique qui accompagne l'humanitĂ© depuis ses dĂ©buts et qui a permis Ă  l'homme d'Ă©riger une culture. Elle est donc une aide fondamentale pour l'homme si bien qu'il peut difficilement s'en la technique a connu un dĂ©veloppement tel qu'il semble de plus en plus difficile d'en maĂźtriser les effets. La question apparaĂźt alors de savoir si nous restons les maĂźtres de nos crĂ©ations ou si elles finissent par nous faut donc rĂ©flĂ©chir aux moyens de maĂźtriser notre dĂ©veloppement technique. Une premiĂšre rĂ©ponse consiste Ă  dire que ceux qui contribuent au dĂ©veloppement technique, les ingĂ©nieurs, sont les mieux placĂ©s pour limiter leurs propres inventions. Une autre rĂ©ponse possible consiste Ă  dire que cette maĂźtrise doit venir d'une volontĂ© politique, celle des dirigeants ou celle des citoyens. Dans les deux cas, il semble difficile d'envisager une maĂźtrise du dĂ©veloppement car la concurrence est telle que la course au progrĂšs ne semble pas prĂȘte de connaĂźtre un ce sujet, les candidats pouvaient faire rĂ©fĂ©rence Ă  Bergson et sa dĂ©finition de l'homme comme homo faber. Descartes semble une rĂ©fĂ©rence incontournable pour ce sujet. Il est celui qui dĂ©fend l'idĂ©e d'une maĂźtrise de la nature grĂące Ă  la technique. Jonas est aussi une rĂ©fĂ©rence importante pour ce sujet puisqu'il met en garde contre les dangers du dĂ©veloppement technique et de sa difficile Sujet 3 Montesquieu, De l'esprit des lois1/Le texte de Montesquieu proposĂ© aux candidats des sĂ©ries technologiques est intĂ©ressant puisqu'il va contre certaines idĂ©es reçues concernant ce qu'il faut entendre par libertĂ© dans une principale du texte de Montesquieu est de dĂ©finir ce qu'est la libertĂ© politique, Ă  savoir le fait de pouvoir faire ce que les lois nous autorisent et l'importance de l'adhĂ©sion Ă  ces lois par les citoyens. Il dĂ©veloppe son argumentation en deux temps. Il insiste d'abord sur l'erreur de jugement qui peut ĂȘtre attribuĂ© aux dĂ©mocraties. Elles ne sont pas des rĂ©gimes oĂč chacun fait ce qu'il veut. Au contraire, elles sont encadrĂ©es par des lois nĂ©cessaires au bon fonctionnement de la sociĂ©tĂ©. Montesquieu montre ensuite le risque que pourrait courir la dĂ©mocratie si chacun use de sa libertĂ© en fonction de sa seule volontĂ© et non selon le respect des phrase "dans les dĂ©mocraties, le peuple paraĂźt faire ce qu'il veut" insiste sur l'image que peut renvoyer la dĂ©mocratie, Ă  savoir celle d'un rĂ©gime au sein duquel chaque citoyen peut suivre sa volontĂ© et ses dĂ©sirs sans devoir rendre de compte Ă  la loi. Il s'agit lĂ  Ă©videmment d'une apparence car en dĂ©mocratie, comme dans tout rĂ©gime, la loi organise la sociĂ©tĂ© et donc encadre les volontĂ©s phrase "la libertĂ© ne peut consister qu'Ă  pouvoir faire ce que l'on doit vouloir" insiste sur le rapport que le citoyen doit entretenir Ă  l'Ă©gard des lois. Le respect des lois doit constituer un devoir supĂ©rieur au respect de sa volontĂ© individuelle. Cela signifie que le citoyen doit comprendre tout l'intĂ©rĂȘt qu'il a de respecter la propose de distinguer indĂ©pendance et libertĂ©. L'indĂ©pendance est la capacitĂ© de l'individu de vivre seul, ce qui lui permet de ne suivre que sa volontĂ©. Or, du fait mĂȘme de son appartenance Ă  la sociĂ©tĂ© cette indĂ©pendance doit ĂȘtre inscrite dans le projet plus gĂ©nĂ©ral de la sociĂ©tĂ©. Si le citoyen souhaite ne suivre que son indĂ©pendance, il risque d'en faire les frais puisque les autres feront de mĂȘme, ce qui mettra en danger la sociĂ©tĂ© dans son libertĂ© se dĂ©finit en apparence comme la capacitĂ© pour un individu de faire ce qu'il veut, c'est-Ă -dire de suivre sa volontĂ© et ses dĂ©sirs. Pourtant, si tous les individus ne font que suivre leurs dĂ©sirs, ils risquent de tomber dans une forme de guerre gĂ©nĂ©ralisĂ©e que Hobbes appelle â€œĂ©tat de nature”. Il faut alors contraindre les volontĂ©s individuelles par la loi, ce qui permet aux citoyens d'augmenter leur libertĂ©. Les lois apparaissent ainsi nĂ©cessaires Ă  la ce sujet, les candidats peuvent faire rĂ©fĂ©rence Ă  Hobbes et Ă  la dĂ©finition qu'il propose de l'Ă©tat de nature. Il est possible Ă©videmment de reprendre le texte de Montesquieu. Rousseau appraĂźt Ă©galement comme un auteur important pour ce aussi →SpĂ©cial BAC 2018 les sujets et conseils de prĂ©paration...→ Dates du Bac Ă©preuve par Ă©preuve→ CorrigĂ©s du bac Les Ă©preuves corrigĂ©es par nos profs sĂ©lectionnĂ©s→ Les sujets probables du Bac ciblez vos rĂ©visions...→ Conseils de rĂ©visions Ă  quelques jours ou heures des examens→ Quiz de rĂ©visions du Bac testez votre niveau matiĂšre par matiĂšre...→ Les alertes rĂ©sultats du Bac officiels et gratuits, en direct des acadĂ©mies...→ Bac de Philo derriĂšre l'Ă©paule d'un correcteur→ Bac pourquoi la philo ouvre le bal des Ă©preuves ?Alerte Mail CorrigĂ©s du Bac 403 ERROR The Amazon CloudFront distribution is configured to block access from your country. 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Notre culture et notre sociĂ©tĂ© ont suscitĂ© beaucoup de systĂšmes pour promettre Ă  l’homme le salut et le bonheur. Le siĂšcle Ă©coulĂ©, pour ne remonter qu’à lui, nous a proposĂ© successivement le salut par le progrĂšs indĂ©fini des sciences et de la prospĂ©ritĂ© Ă©conomique puis le salut par la rĂ©volution marxiste. L’un et l’autre ont eu leur temps de sĂ©duction et ils ont engendrĂ© des attachements comparables Ă  une foi religieuse. L’un et l’autre nous ont montrĂ© leurs limites Ă  dĂ©livrer l’homme. AprĂšs ce que l’on a dĂ©signĂ© comme la chute des idĂ©ologies, nous avons vu se dĂ©velopper le scepticisme ou le cynisme gĂ©nĂ©ralisĂ©s. Puisque nous n’avons pas rĂ©ussi Ă  construire par nous-mĂȘmes notre propre bonheur, pourquoi ne pas prendre acte de cette impossibilitĂ© et pourquoi ne pas renoncer Ă  une ambition dĂ©mesurĂ©e ? Pourquoi ne pas nous en tenir Ă  la gestion quotidienne des difficultĂ©s en nous efforçant de trouver des protections Ă  notre mesure, chacun pour soi. Ainsi surgit un nouveau mythe sĂ©curitaire la sociĂ©tĂ© doit nous materner et nous Ă©viter les risques de la vie. Pour l’avenir, il nous suffit de dĂ©crocher le diplĂŽme qui donne accĂšs aux emplois protĂ©gĂ©s et Ă  attendre la retraite, la plus prĂ©coce possible. La dĂ©couverte de la vĂ©ritĂ©, la dĂ©couverte du mystĂšre fondateur de la vie est un chemin, une route. Je pense Ă  Abraham qu’on dĂ©signe depuis toujours du nom de PĂšre des croyants. Vous connaissez la parole que Dieu lui a adressĂ©e Pars de ton pays, de ta famille, et de la maison de ton pĂšre vers le pays que je te ferai voir » Gn 12, 1. Mais aussi et surtout Ă  cette parole de JĂ©sus Je suis le chemin, la vĂ©ritĂ© et la vie » Jn 14, 6. Remarquez la proximitĂ© de ces trois mots chemin, vĂ©ritĂ© et vie. Ils s’éclairent mutuellement il n’y a pas de vĂ©ritĂ© et de vie en dehors d’un chemin Ă  parcourir. Alors, on comprend l’importance de cet appel que JĂ©sus adresse si souvent aux personnes qu’il rencontre Viens et suis-moi ». La connaissance de la vĂ©ritĂ© ne mobilise pas notre seule intelligence, mais elle engage toute notre personne. Au terme du second millĂ©naire, le christianisme se trouve, prĂ©cisĂ©ment dans le domaine de son extension originelle, en Europe, dans une crise profonde, qui repose sur la crise de sa prĂ©tention Ă  la vĂ©ritĂ©. Cette crise a une double dimension tout d’abord se pose toujours plus la question de savoir s’il est juste, au fond, d’appliquer la notion de vĂ©ritĂ© Ă  la religion, en d’autres termes s’il est donnĂ© Ă  l’homme de connaĂźtre la vĂ©ritĂ© proprement dite sur Dieu et les choses divines. L’homme contemporain se retrouve bien mieux dans la parabole bouddhiste de l’élĂ©phant et des aveugles un roi dans le nord de l’Inde aurait un jour rĂ©uni en un lieu tous les habitants aveugles de la ville. Puis il fit passer devant les assistants un Ă©lĂ©phant. Il laissa les uns toucher la tĂȘte, en disant c’est ça un Ă©lĂ©phant. D’autres purent toucher l’oreille ou la dĂ©fense, la trompe, la patte, le derriĂšre, les poils de la queue. LĂ -dessus le roi demanda Ă  chacun comment c’est, un Ă©lĂ©phant ? Et selon la partie qu’ils avaient touchĂ©e, ils rĂ©pondaient C’est comme une corbeille tressĂ©e... c’est comme un pot... c’est comme la barre d’une charrue... c’est comme un entrepĂŽt... c’est comme un pilastre... c’est comme un mortier... c’est comme un balai... LĂ -dessus - continue la parabole - ils se mirent Ă  se disputer, et en criant L’élĂ©phant, c’est comme ci, c’est comme ça, ils se jetĂšrent l’un sur l’autre et se frappĂšrent avec les poings, au divertissement du roi. La querelle des religions apparaĂźt aux hommes d’aujourd’hui comme cette querelle des aveugles-nĂ©s. Car face aux secrets du divin nous sommes, semble-t-il, nĂ©s aveugles. Le christianisme ne se trouve en aucune maniĂšre pour la pensĂ©e contemporaine dans une position plus positive que les autres - au contraire, avec sa prĂ©tention Ă  la vĂ©ritĂ©, il semble ĂȘtre particuliĂšrement aveugle face Ă  la limite de toute notre connaissance du divin, caractĂ©risĂ©e par un fanatisme particuliĂšrement insensĂ©, qui prend incorrigiblement pour le tout le bout touchĂ© par l’expĂ©rience personnelle. Ce scepticisme tout Ă  fait gĂ©nĂ©ral Ă  l’égard de la prĂ©tention Ă  la vĂ©ritĂ© en matiĂšre de religion est encore Ă©tayĂ© par les questions que la science moderne a soulevĂ©es vis-Ă -vis des origines et des objets de la sphĂšre chrĂ©tienne. La thĂ©orie de l’évolution semble avoir surclassĂ© la doctrine de la crĂ©ation, les connaissances concernant l’origine de l’homme surclassĂ© la doctrine du pĂ©chĂ© originel ; l’exĂ©gĂšse critique relativise la figure de JĂ©sus et met des points d’interrogation vis-Ă -vis de sa conscience de Fils ; l’origine de l’Église en JĂ©sus apparaĂźt douteuse, et ainsi de suite. La fin de la mĂ©taphysique » a rendu problĂ©matique le fondement philosophique du christianisme, les mĂ©thodes historiques modernes ont mis ses bases historiques dans une lumiĂšre ambiguĂ«. Aussi est-il facile de rĂ©duire les contenus chrĂ©tiens Ă  un discours symbolique, de ne leur attribuer aucune vĂ©ritĂ© plus haute que les mythes de l’histoire des religions - de les regarder comme un mode d’expĂ©rience religieuse qui aurait Ă  se placer humblement Ă  cĂŽtĂ© d’autres. Car s’il ne sait pas d’oĂč il vient et pourquoi il existe, n’est-il pas en tout son ĂȘtre une crĂ©ature manquĂ©e ? L’adieu apparemment dĂ©finitif Ă  la vĂ©ritĂ© sur Dieu et sur l’essence de notre moi, l’apparent contentement de ne plus devoir nous occuper de cela, trompe. L’homme ne peut se rĂ©signer Ă  ĂȘtre et rester pour l’essentiel un aveugle-nĂ©. L’adieu Ă  la vĂ©ritĂ© ne peut jamais ĂȘtre dĂ©finitif. » Joseph Ratzinger. Cet extrait tirĂ© d’un texte de Joseph Ratzinger, devenu peu aprĂšs BenoĂźt XVI, nous amĂšne Ă  nous poser la question sur effectivement, le sens de la vĂ©ritĂ©. Car c’est en recherchant la vĂ©ritĂ© que l’on arrive Ă  comprendre finalement le sens de la vie. La seule question qui vaille finalement la peine d’ĂȘtre posĂ©e durant notre cours passage dans ce monde. Une objection courante adressĂ©e au christianisme par les mouvements nĂ©o-gnostiques contemporains, consiste Ă  dire que le chrĂ©tien prĂ©tend possĂ©der » la vĂ©ritĂ©. Comment pourrions-nous prĂ©tendre possĂ©der une personne ? Car pour les chrĂ©tiens, JĂ©sus est la vĂ©ritĂ©. De plus, Notre-Seigneur annonce qu’il nous enverra l’Esprit de vĂ©ritĂ© pour nous introduire dans la vĂ©ritĂ© toute entiĂšre. Ce n’est donc pas nous qui possĂ©dons la vĂ©ritĂ©, mais l’Esprit qui nous y introduit. De plus, cette vĂ©ritĂ© se rĂ©vĂšle ultimement ĂȘtre celle de l’amour de charitĂ©, c’est-Ă -dire du don gratuit. Comment pourrions-nous prĂ©tendre possĂ©der l’amour, alors que celui-ci n’est que don de soi ? L’Evangile nous rĂ©vĂšle que c’est dans le don de nous-mĂȘmes que nous libĂ©rons le mouvement de la vie, cette vie que nous possĂ©dons dans la mesure mĂȘme oĂč nous la donnons. L’Eglise catholique n’a jamais prĂ©tendu Ă  l’apanage de la vĂ©ritĂ© » elle reconnaĂźt mĂȘme la prĂ©sence de semences du Verbe » sous-entendu de VĂ©ritĂ© » dans toutes les traditions. Mais elle prĂ©tend - ou plutĂŽt elle croit au sens fort de la vertu thĂ©ologale et non de la simple croyance - qu’en JĂ©sus-Christ, cette VĂ©ritĂ© se rĂ©vĂšle en plĂ©nitude. Quant au Prologue de saint Jean, c’est un des textes les plus commentĂ©s de la littĂ©rature universelle ! En des sens souvent contradictoires d’ailleurs. L’Eglise n’a jamais interdit Ă  quiconque de se pencher sur ces versets, mais elle prĂ©tend que pour le comprendre de maniĂšre authentique, il faut le lire Ă  la lumiĂšre de l’Esprit saint qui l’a inspirĂ© Ă  saint Jean. Or la foi est prĂ©cisĂ©ment la lumiĂšre surnaturelle qui nous permet d’interprĂ©ter les Evangiles en Esprit et vĂ©ritĂ© » Jn 4, 23. Donc finalement cette fameuse vĂ©ritĂ© si l’on lit bien Saint-Jean, cette vĂ©ritĂ© doit s’appeler Amour. Alors comment possĂ©der cette vĂ©ritĂ© qui est amour puisque l’amour est le don de soi aimer c’est tout donner et donc se donner soi-mĂȘme ». Je ne peux donc pas possĂ©der le don. Car ce sont deux mouvements contradictoires. Or, qui d’autres que JĂ©sus-Christ est allĂ© jusqu’à donnĂ© sa vie pour les hommes et devenir ainsi comme la plus parfaite reprĂ©sentation du don de soi ? Le commandement principal de JĂ©sus est donc l’Amour. Tous les commandements de Dieu - ne pas voler, ne pas tuer, ne pas mentir.. compris dans ce commandement que nous a donnĂ© JĂ©sus. En cela, le christianisme est la doctrine la plus simple du monde nous valons ce que vaut notre cƓur. Mais il faut cependant ĂȘtre attentif, car la parole amour » cache souvent des piĂšges. Un piĂšge, par exemple, est de confondre le sentiment qu’on Ă©prouve envers les autres pour de l’amour, quand en fait, il s’agit seulement d’un vague sentiment Ă©pidermique. L’amour vĂ©ritable est un don de soi il requiert sacrifice, abnĂ©gation et fidĂ©litĂ©. Un autre piĂšge, c’est de croire que pour aimer notre prochain, nous devons satisfaire toutes ses demandes. Au contraire quand la demande qui nous est faite est erronĂ©e, si nous aimons vĂ©ritablement notre prochain, nous devons ĂȘtre capable de lui dire non. Mais aimer son prochain comme soi-mĂȘme est quelque chose de tellement difficile, que tous les grands saints ont justement observĂ© qu’on ne peut y arriver que par amour pour Dieu. De mĂȘme qu’il est vrai que celui qui n’aime pas son prochain ne peut pas dire qu’il aime Dieu, il est aussi vrai que celui qui n’aime pas Dieu ne peut pas aimer vĂ©ritablement son prochain. JĂ©sus a expliquĂ© avec relativement peu de paroles ce que veut dire aimer ». Quelques heures avant sa passion, lors du dernier repas, il affirme une derniĂšre fois son commandement... mais ajoute une nuance riche de sens Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimĂ©s » Jn 13,34. Comme je vous ai aimĂ©... c’est-Ă -dire, jusqu’au point de mourir sur la croix pour nous. C’est cela l’extraordinaire mesure de l’amour chrĂ©tien Sur le chemin de la LumiĂšre, la rencontre avec la VĂ©ritĂ©, Philippe nous propose un conte initiatique pour sortir des tĂ©nĂšbres, ouvrir les yeux, aller vers l’autre, vers du Chapitre I de la Constitution de la Grande Loge de France Dans la recherche constante de la vĂ©ritĂ© et de la justice, les Francs-maçons n’acceptent aucune entrave et ne s’assignent aucune limite. LA QUÊTE DE VÉRITÉ. La Franc-Maçonnerie N’impose aucune limite Ă  la recherche de la VĂ©ritĂ© » Et c’est pour garantir Ă  tous cette libertĂ© qu’elle exige de tous la tolĂ©rance », et c’est pour ce noble et ambitieux dessein que je suis en chemin »  MAIS Attention
ne pas se mĂ©prendre et entendre par aucune limite » que TOUT est possible
Non bien sĂ»r que non, la torture par exemple pour arracher un aveu est Ă  proscrire avec la derniĂšre Ă©nergie
, d’ailleurs patience et longueur de temps font plus que force ni que rage
 » N’est-ce pas mes Biens AimĂ©s FrĂšres ?Donc
Je tenterai de vous dire ma VĂ©ritĂ© ce soir, mais pas la VĂ©ritĂ© », non pas que je craigne d’ĂȘtre exĂ©cutĂ© comme le chante Guy BEART, mais tout simplement parce que je suis en chemin, je la cherche, je la veux de tout mon cƓur et de toute mon Ăąme. Un ami m’a dit un jour La vĂ©ritĂ© n’existe pas
 », mais s’il avait raison ce serait alors un fieffĂ© menteur, car affirmer qu’une chose n’existe pas la vĂ©ritĂ©, revient Ă  mentir, Ă  dĂ©clarer qu’elle existe
Ainsi donc j’essaierai de vous dire ma » vĂ©ritĂ©, celle qui me construit, celle qui m’indique un chemin mal balisĂ© et sinueux pour avancer et me dresser un jour prochain, pour tenter, en me tordant le cou, d’entrapercevoir le faĂźte de mon temple oĂč siĂšge l’espĂ©rance. D’ailleurs devant l’apparente complexitĂ© du sujet, il m’est apparu plus naturel de vous le conter plutĂŽt que de vous le dire
ainsi
Il Ă©tait une fois
par une nuit noire, trĂšs noire, un homme hagard dĂ©ambulant, passif, cauchemardant, suivant des traces de pas et de sueur
Les tĂ©nĂšbres avaient envahi les lieux, les arbres frissonnaient sous la baguette d’un vent hivernal, froid. La forĂȘt toute entiĂšre geignait. L’homme remonte la fermeture Ă©clair de sa parka ; il fait si froid !Il s’est retournĂ© tout Ă  l’heure, une fois, une seule fois, mais sans rien apercevoir, d’ailleurs qui cherchait il ? Quelle aide opportune ? Il semble si seul !Une lune pĂąlichonne troue parfois les cimes des arbres alentour, rĂ©vĂ©lant des strates de brume sale. Il avance Ă  vive allure, sait dĂ©jĂ  qu’il ne les rattrapera pas, d’ailleurs pour quoi faire ? En plus Ils sont sĂ»rement dĂ©jĂ  loin. Il refoule ses larmes. Elles viendront plus tard. Sans doute. Ils » lui avaient rĂ©vĂ©lĂ© l’existence du livre. Alors Il s’est mis en route Ă  sa recherche. Ils lui avaient dit qu’IL Ă©tait unique ; qu’il lui rĂ©vĂšlerait tout, enfin, presque tout. La tempĂ©rature a chutĂ© brutalement. Il voudrait rebrousser chemin tant il redoute sa lecture, et en mĂȘme temps il a envie de courir pour savoir, vite. La nuit est tombĂ©e brutalement. Une nuit d’hiver glacĂ©e Ă©paisse qui vous pĂ©nĂštre par tous les pores de la peau. Il distingue Ă  peine le chemin ; un chemin sinueux et boueux. Tout semble calme alentour hormis ce vent qui bruyamment glapit Ă  fendre l’ñme jusqu’à faire vaciller la plus profonde est seul au milieu de la nuit guettant un signe, un indice une cadran de sa montre il est dĂ©jĂ  minuit 30. Au fait combien de temps cela fait-t-il qu’il marche ? Cinq, dix heures peut ĂȘtre davantage, peut ĂȘtre depuis des jours, des annĂ©es
 ? Il sait confusĂ©ment qu’il ne s’en retournera pas. C’est un voyage sans retour. En tout cas tant qu’il ne saura pas, tant qu’il n’aura pas assouvi sa curiositĂ©, sa soif de savoir, enfin, alors il ne s’en retournera pas. Qu’importe le temps, le froid, la faim qui le tenaille Ă  prĂ©sent et ce sentiment d’une insondable solitude qui l’oppresse sur le chemin. Non Il ne renoncera pas. Il doit trouver rapidement un refuge pour y passer la nuit, chasser les tĂ©nĂšbres, se restaurer, dormir, ou en tout cas se reposer, ne plus penser quelques heures, oublier le livre et ce qu’il renferme, fermer les yeux et tenter d’écarter ce sentiment d’impuissance, d’abattement, qui freine son impossible vue d’un possible refuge se dĂ©coupe Ă  la croisĂ©e d’un chemin, tout proche ; il s’agit d’une maisonnĂ©e du toit de laquelle s’échappe une fumĂ©e prometteuse. C’est une trĂšs vieille bĂątisse ; tout en bois, dĂ©fraĂźchie, vermoulue, et cependant resplendissante ; mĂ©moire du temps jadis, et gardienne des lieux. Tout semble Ă  l’abandon alentour ; jardin envahit d’herbes et de plantes sauvages, vĂ©randa effondrĂ©e
Le temps a fait son Ɠuvre ; il a signĂ© son forfait avec outrance, tout n’est plus que dĂ©solation, mĂ©moire dĂ©chiquetĂ©e, absence
Il s’élance Ă  grand pas vers l’entrĂ©e salvatrice. Il frappe Ă  coups rĂ©pĂ©tĂ©s la lourde porte de vieil homme vient lui ouvrir. Il sourit. Il ne prononce aucun mot mais s’efface pour le laisser entrer. Il lui dĂ©signe une table oĂč s’entasse pĂšle mĂȘle, pain, charcuterie, fromages et vin. Le voyageur reste interdit fixant avec une certaine aviditĂ© la table si bien garnie. Il fait un pas, puis un second, et fini par s’attabler comme son hĂŽte l’y avait vieil homme qui le fixe avec un regard doux et bienveillant parle enfin. Il lui apprend qu’il l’attendait. Qu’il est en retard, mais, n’est-ce pas, ajoute-t-il, le temps ne compte pas. Le temps ne suspend pas son vol, ni les heures propices leurs cours, comme le dĂ©clarait l’illustre poĂšte. C’est dĂ©plorable, vraiment, mais c’est ainsi ! Il faut du temps pour que la maturitĂ© fasse son Ɠuvre, et l’amour est le maĂźtre mot. Il dĂ©termine et enracine nos choix. Il rend, au fil du temps, le cherchant plus fort et conquĂ©rant, pour de nobles desseins et de justes causes. Tout passe par la gĂ©nĂ©rositĂ©, la justesse, et la maĂźtrise de nos sentiments. C’est un lent processus en perpĂ©tuel accomplissement, visant la perfection, et c’est cela de la bonne gouvernance » pour que s’accomplissent nos destins, et que finalement et symboliquement nous devenions MaĂźtres » de nos vies ».Il lui dit encore qu’il a Ă©crit la premiĂšre des mille et une pages du livre. Qu’il trouvera, jour aprĂšs jour, des portes qui s’ouvriront, pour le restaurer, pour sustenter son corps et son esprit pour le nourrir d’un idĂ©al salvateur et glorieux. Il lui apprend Ă©galement que le livre est inachevĂ©, qu’il en Ă©crirait lui-mĂȘme les plus belles pages Ă  la condition qu’il persĂ©vĂšre, qu’il en sera toujours ainsi, que la fin est sans voyageur est restĂ© coi. Il dĂźne goulĂ»ment, puis, rassasiĂ©, s’apprĂȘte Ă  sortir pour se remettre en chemin. Mais le vieil homme lui barre la route et lui indique une couche oĂč il pourra se reposer. Puis il prend congĂ© de son sommeil ne viendra pas cette nuit. Il repense aux paroles du vieil homme. Il est dans le livre, il en a dĂ©jĂ  Ă©crit la premiĂšre page, d’autres viendront... Qu’est-ce que tout cela signifie, et oĂč, puis jusqu’oĂč aller ?Le lendemain matin il ne trouve pas le vieil homme Ă  son rĂ©veil. Mais une courte lettre ainsi rĂ©digĂ©e. Bonjour mon cher ami. J’espĂšre que la nuit fut rĂ©paratrice, dans toute l’acception du terme. Restaurez-vous Ă  nouveau. Puis reprenez votre route. Sans hĂąte. Apprenez Ă  Ă©couter et Ă  voir, le chemin est tout autant devant vous que derriĂšre vous, en haut en en bas. Il n’y a pas d’itinĂ©raire privilĂ©giĂ© sinon celui que vous dictera votre cƓur. Sachez l’écouter. Apprenez et restituez l’enseignement que vous aurez reçu, alors un jour prochain, qui est encore loin, on vous qualifiera de sage, ou mieux encore d’homme VRAI. SignĂ© Votre ami B
 »Il se remit alors en chemin, l’esprit plus alerte, la dĂ©marche plus assurĂ©e, et, tandis que les questions se bousculent encore, si nombreuses, si dĂ©rangeantes parfois, il sent quand mĂȘme, imperceptiblement, que sa rĂ©solution toute neuve, si soudaine qu’il ne parvient pas encore Ă  la dĂ©finir ni mĂȘme Ă  la nommer, a chassĂ© une partie de ses doutes, il entreprend alors de raisonner, de faire preuve de discernement. Il commence par retracer les quarante premiĂšres annĂ©es de sa vie, les personnes qu’il a connues, aimĂ©es, haĂŻes, blessĂ©es, les pays qu’il a foulĂ©s, ainsi que toutes les occasions qu’il a manquĂ©es, et bientĂŽt, Ă  force de penser, Ă  force de se maudire, se profile un dessein, une issue, un possible a ralenti son pas, et prend conscience des beautĂ©s qui l’entourent. Un soleil, encore timide favorise sa progression, et l’espoir affleure, enfin. Il s’imagine alors touchant au cƓur de la raison inavouĂ©e de ce cheminement, Ă  savoir la mise en Ɠuvre et en forme de sa vie sociale, ignorant encore que s’engage une autre quĂȘte toute spirituelle, Ă©ternelle, qui le laissera, plus tard, beaucoup plus tard, frustrĂ© mais heureux. Il comprendra demain, plus tard, quand il sera prĂȘt, les paroles du vieil homme, Ă  savoir qu’il vivra encore plusieurs centaines de fois ces instants rĂ©dempteurs, lumineux, cette rĂ©surrection » toujours recommencĂ©e, toujours inachevĂ©e, relayĂ©e par les maillons d’une chaĂźne immense ; elle garantira la tangibilitĂ© de sa quĂȘte, celle d’un universel bonheur ; elle lui dĂ©voilera maints secrets, elle les rĂ©inventera, et les justifiera ; le doute subsistera bien sĂ»r, mais, ce faisant, il se rapprochera de son parachĂšvement
Cependant le chemin est long, sans fin, Ă  l’instar de l’incommensurable cosmos ; en plus il est parsemĂ© d’embĂ»ches et de larmes, le dĂ©fi est immense, mais la victoire ,en VĂ©ritĂ©, est si belle
Nous naissons, grandissons, et pour la plupart, nous Ă©panouissons, au moins au sens des vĂ©ritĂ©s qu’on nous a inculquĂ©es, dans un parfait anonymat. Nous nous fondons dans une masse d’individus soumis aux mĂȘmes rites, aux mĂȘmes rĂšgles du fameux vivre ensemble », tout semble si juste et si parfait dans cet univers aseptisĂ© qui nous sert de chaudron...Nos miroirs sont impuissants Ă  nous dĂ©voiler le trĂ©fonds de notre Ăąme, Ă  nous rĂ©vĂ©ler notre part de VĂ©ritĂ©, d’authenticitĂ©, tout ce qui s’agite, ou devrait s’agiter, Ă  l’intĂ©rieur, sous les couches soigneusement Ă©talĂ©es de notre pudeur loges peuvent alors servir de rĂ©vĂ©lateur. Elles peuvent rĂ©veiller le bĂątisseur qui sommeille en chacun de nous, et le tirer vers la surface, le rĂ©vĂ©ler Ă  lui-mĂȘme, lui apprendre, pour qu’il le dĂ©cline Ă  l’infini, Ă  tous les modes et toutes les modes, le verbe penser, jusqu’à lui faire oublier l’autre verbe panser qu’il dĂ©clinait si souvent avant, quand il se sentait blessĂ©, rejetĂ©, haĂŻ, ou tout simplement oubliĂ©. Alors l’homme vrai pourra naĂźtre ; il sera en capacitĂ© de secouer ce monde endormi ; la vigilance restera de mise et le combat est permanent parce que tapi dans la pĂ©nombre de nos Ăąmes, l’indignitĂ© sommeille
 Je nous vois comme des ambassadeurs, les pionniers d’une nouvelle race d’hommes et de femmes qui aiment la vie, passionnĂ©ment, et qui veulent humblement et patiemment partager cet amour-lĂ  jusqu’à l’avĂšnement de la l’aimable autorisation de l’auteur. La lumiĂšre au-delĂ  de la lumiĂšre ne se contemple jamais mieux en cette vie qu’en cheminant dans la SILESIUS LIVRE IV, 23. HUMOUR LA LUMIÈRE QUI NE VIENS PAS TOUJOURS D'OÙ ON L'ATTEND IntroductionDouter, c'est d'abord ĂȘtre dans une incertitude telle qu'elle nous fait hĂ©siter sur le parti Ă  prendre ou l'opinion Ă  adopter. Quand je doute, je ne sais que faire ni que penser, en sorte que mon jugement se trouve comme suspendu. Tout le temps que dure le doute en effet, ma volontĂ© ne parvient pas Ă  se dĂ©cider tant que je ne renonce Ă  aucune des alternatives qui s'offrent Ă  moi, c'est en fait Ă  l'acte mĂȘme de juger que je renonce. Car enfin, juger, c'est affirmer ou nier, ce qui implique que ma volontĂ© sorte de l'embarras du choix, tranche et se dĂ©cide. Mais c'est prĂ©cisĂ©ment lorsque je veux m'assurer de bien choisir, c'est-Ă -dire de ne pas me tromper, que le doute s'empare de moi et me paralyse je retiens mon jugement tant que me font dĂ©faut les informations nĂ©cessaires ou les raisons me permettant de dĂ©cider. En ce sens donc, celui qui doute redoute par-dessus tout l'erreur et aspire Ă  ĂȘtre dans le vrai, et c'est prĂ©cisĂ©ment parce qu'il ignore ce qu'il en est, en vĂ©ritĂ©, qu'il se met Ă  douter. Le doute alors, loin de nous faire renoncer Ă  la vĂ©ritĂ©, serait au contraire un passage obligĂ© pour celui qui, comme le disait Descartes, refuse de se dĂ©cider pour de faibles raisons ».Cependant, lorsqu'un doute me saisit, je me trouve bien dans une situation telle que ce que je tenais pour vrai se trouve Ă©branlĂ© ; il est alors possible que je doive y renoncer, c'est-Ă -dire accepter de m'en dĂ©faire. Mais renoncer Ă  ce que je tenais pour vrai, est-ce renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© en elle-mĂȘme ? Quand le doute s'installe en mon esprit, ne suis-je pas prĂ©cisĂ©ment en mesure de rĂ©former ma pensĂ©e et de me dĂ©faire de mon erreur Ă©ventuelle, progressant ainsi vers la vĂ©ritĂ© ? C'est ici que le doute acquiert sa valeur proprement philosophique. D'une hĂ©sitation embarrassĂ©e dictĂ©e par la prudence, d'une incertitude subie qui attend de pouvoir se dĂ©cider, le doute est en mesure de devenir non plus passif et indĂ©sirable, mais actif et volontaire, lorsque je dĂ©cide d'examiner mes croyances – de les remettre en doute, Ă©tape douloureuse s'il en fut, mais nĂ©cessaire Ă  qui du moins recherche la vĂ©ritĂ©. Il ne s'agit plus ici de refuser de trancher sans raisons suffisantes, mais d'examiner les raisons pour lesquelles habituellement nous tranchons, c'est-Ă -dire douter de ce dont, dans le cours ordinaire de la vie » pour reprendre une autre expression cartĂ©sienne, nous ne doutons justement dĂ©cidant alors d'abandonner mes vĂ©ritĂ©s et de les mettre en doute, il semblerait que, loin de cesser de prĂ©tendre au vrai, j'emprunte le seul chemin qui me permette de l'atteindre avec assurance ; mais encore faut-il que la vĂ©ritĂ© ne m'apparaisse pas comme un vain mot, et l'accĂšs Ă  cette derniĂšre comme une impossibilitĂ© si le doute est en effet appelĂ© Ă  se prolonger, c'est Ă  la vĂ©ritĂ© elle-mĂȘme que je devrai alors renoncer – faire du doute non plus une Ă©tape, mais un Ă©tat destinĂ© Ă  demeurer le nĂŽtre, c'est de fait poser qu'il faudra se passer de la vĂ©ritĂ© elle-mĂȘme, et rĂ©puter par avance vaine sa recherche. Lorsqu'en effet le doute s'installe et perdure, lorsqu'il m'amĂšne non pas Ă  peser mon jugement et Ă  examiner la validitĂ© de mes raisons, mais Ă  renoncer Ă  tout jugement, n'est-ce pas Ă  la vĂ©ritĂ© elle-mĂȘme qu'il renonce ?I. Le doute comme chemin jusqu'au vraiDans ce que Husserl nommait notre attitude naturelle », nous cherchons toujours Ă  lever le doute s'il nous arrive de douter de quelque chose ou de quelqu'un, si tel propos peut parfois nous sembler douteux ou telle attitude suspecte, alors nous nous employons Ă  mettre un terme Ă  notre hĂ©sitation en trouvant des raisons de trancher. Dans notre vie quotidienne, le doute nous est par consĂ©quent imposĂ© comme de l'extĂ©rieur, il ouvre dans nos certitudes une faille qu'il s'agit de rĂ©sorber au plus vite le monde de l'attitude naturelle est en fait un monde d'oĂč tout doute doit ĂȘtre exclu, un monde oĂč si nous subissons parfois les affres de l'incertitude, ce n'est jamais de nous-mĂȘmes, de nos opinions et de nos jugements que nous doutons. Notre mouvement premier, par consĂ©quent, c'est justement de ne pas remettre en doute ce que nous-mĂȘmes tenons pour vrai ce pourquoi, d'abord et le plus souvent, ce sont des prĂ©jugĂ©s qui nous tiennent lieu de raisons, lesquels sont Ă  vrai dire d'autant plus douteux que nous n'en doutons pas. Ainsi, il ne viendrait Ă  l'idĂ©e de personne de se demander si nos certitudes naturelles » sont bel et bien fondĂ©es le monde est tel que je le perçois et tel que je le pense, sans qu'il faille m'interroger davantage sur les fondements de cette belle certitude, que Husserl nomme la thĂšse du monde ». Le monde extĂ©rieur existe, et il est en soi ce qu'il est pour moi cette thĂšse a l'Ă©vidence de ce qui va de soi, et dont nul ne songerait Ă  douter, Ă  moins d'ĂȘtre un qu'est-ce qui vient justifier cette conviction subjective ? AprĂšs tout, et comme le montrait Descartes, il se pourrait fort bien que ce monde mĂȘme, et tout ce qu'il renferme, ne soit que le produit d'un songe bien liĂ© », et qu'il n'ait pas plus de vĂ©ritĂ© que les illusions de mes songes. Rien ne m'assure qu'il existe bien quelque chose hors de moi, que ma pensĂ©e est conforme Ă  un objet extĂ©rieur Ă  elle ; et si j'en suis convaincu au point de ne jamais chercher Ă  fonder cette conviction en raison, c'est nul doute parce que je suis moins prĂ©occupĂ© par la recherche de la vĂ©ritĂ©, que par la nĂ©cessitĂ© d'agir et d'Ɠuvrer. Tel est le sens de la morale par provision » chez Descartes si rien ne m'assure que mes certitudes subjectives les plus fondamentales sont effectivement fondĂ©es, et si le plus souvent je ne m'en soucie guĂšre et ne pense pas l'insuffisance de leurs fondements comme une objection propre Ă  retenir mon attention, c'est parce que je suis d'abord tenu par l'urgence de l'action. À mĂȘme la vie quotidienne, il n'est guĂšre temps de suspendre notre jugement, de douter de tout dans l'espoir de dĂ©gager des fondations solides Ă  l'Ă©difice du savoir le temps de la vie quotidienne n'est pas le temps de la recherche de la vĂ©ritĂ©, lequel rĂ©clame de mettre un terme Ă  notre pourtant au cƓur mĂȘme de cette existence quotidienne que le doute parfois nous saisit ce que j'aurais jurĂ© ĂȘtre vrai s'est rĂ©vĂ©lĂ© faux, j'ai fait une erreur grossiĂšre, je me suis lourdement trompĂ©. Or, l'expĂ©rience de l'erreur n'est autre que celle de l'insuffisance de nos certitudes subjectives il ne suffit pas d'ĂȘtre convaincu pour ĂȘtre dans le vrai – en d'autres termes, la certitude subjective de la conviction n'est pas la certitude objective du savoir. Quand je me trompe, c'est l'erreur qui me semble vraie je ne me trompe qu'en Ă©tant certain de mon fait, sans quoi je me corrigerais de moi-mĂȘme, en sorte que la plus simple erreur deviendrait impossible. Quand je me trompe autrement dit, je ne sais pas que je me trompe ; par consĂ©quent, je puis me tromper bien plus souvent que je ne le crois, en sorte que mes convictions se trouvent frappĂ©es d'un indice de pourquoi le doute apparaĂźt comme Ă©tant le geste philosophique primordial, par lequel nous nous mettons en quĂȘte de la vĂ©ritĂ© si d'habitude nous ne la cherchons guĂšre, c'est parce que nous sommes convaincus de la dĂ©jĂ  possĂ©der ; mais lorsque cette conviction mĂȘme s'avĂšre douteuse, quand la validitĂ© de mes certitudes se trouve remise en cause, alors il me faut suspendre mon jugement le temps de trancher. Socrate est ainsi parfois comparĂ© Ă  un poisson-torpille, cette raie Ă©lectrique dont la dĂ©charge plonge sa victime dans la torpeur et la sidĂ©ration lors mĂȘme que son interlocuteur est d'emblĂ©e persuadĂ© de dĂ©tenir la vĂ©ritĂ©, Socrate fait en quelques questions voler en Ă©clats ses belles certitudes, et le laisse dĂ©muni. MĂ©non est certain de savoir ce qu'est la justice ; LachĂšs, ce gĂ©nĂ©ral courageux, pense pouvoir facilement produire une dĂ©finition du courage ; tous deux quitteront pourtant Socrate en ayant abandonnĂ© lĂ  leurs convictions. Si parfois le dialogue se poursuit jusqu'Ă  l'obtention d'une dĂ©finition valide, il arrive souvent qu'il se referme sans qu'une solution ait Ă©tĂ© trouvĂ©e Ă  la question initiale sommĂ© par l'autre de dire ce qu'est en vĂ©ritĂ© la justice, ou le courage, Socrate alors affirme n'en rien savoir ; mais mieux vaut savoir que l'on ne sait pas, que de croire savoir ce qu'en fait on ignore. C'est donc bien mal Ă  propos que nous vivons difficilement l'Ă©preuve du doute, en ceci qu'elle nous force Ă  abandonner nos prĂ©jugĂ©s une telle perte est en soi un gain, car l'opinion infondĂ©e n'est pas seulement une erreur, un dĂ©faut de vĂ©ritĂ©, mais bien un obstacle qui nous dispense de sa recherche – ne peut chercher la vĂ©ritĂ©, que celui qui sait ne la point possĂ©der Du doute sceptique Ă  la solution kantienneNous comprenons alors pourquoi Descartes peut faire du doute l'instrument mĂȘme de sa mĂ©thode remettre tout en doute jusqu'Ă  trouver ce dont nul ne peut douter, voilĂ  la seule solution pour qui cherche Ă  donner un fondement indubitable au savoir. Le doute cartĂ©sien est donc aussi exagĂ©rĂ© que provisoire il faut faire comme si l'ombre d'un doute suffisait Ă  rendre un jugement faux, mais cette exagĂ©ration mĂȘme permet de dĂ©gager la certitude absolue du cogito, je pense, donc je suis ». Quand bien mĂȘme toutes mes pensĂ©es seraient fausses, et fausses toutes mes certitudes, celle-lĂ  demeurerait intacte pour se tromper, il faut penser, en sorte qu'il est indubitable que j'existe en tant que chose qui pense. Cette certitude premiĂšre va nous permettre, selon Descartes, de rebĂątir l'Ă©difice du savoir sur des fondements certains le doute, en dĂ©truisant nos convictions subjectives, nous permet de dĂ©gager ce qui est vĂ©ritablement indubitable. Le cogito devient alors le modĂšle mĂȘme de la vĂ©ritĂ©, auquel nous pourrons comparer toutes nos autres idĂ©es celles qui seront aussi claires et distinctes que lui seront nĂ©cessairement comprenons Ă©galement ce qui sĂ©pare le doute cartĂ©sien du doute sceptique pour les sceptiques prĂ©cisĂ©ment, le doute n'est pas l'instrument de la recherche de la vĂ©ritĂ©, il n'est pas une Ă©tape provisoire sur le chemin menant Ă  la certitude, mais un Ă©tat qui doit ĂȘtre maintenu tant que durera notre vie. J'existe, j'Ă©prouve telle ou telle affection hors de cela, rien n'est certain, en sorte que c'est la vĂ©ritĂ© mĂȘme qui doit ĂȘtre rĂ©putĂ©e dĂ©finitivement hors de notre portĂ©e. On ne peut ni dire que la vĂ©ritĂ© existe, ni qu'elle n'existe pas, parce qu'on n'en peut rien dire du tout, voire parce qu'on ne peut rien dire du tout. Toute parole qui exprimerait autre chose qu'un Ă©tat interne doit ĂȘtre suspendue, comme tout jugement portant sur autre chose qu'une sensation. Je peux bien dire que j'ai froid dans l'eau, mais non que cette eau est froide un autre la trouverait tiĂšde, un pingouin la trouverait chaude. Les dix modes sceptiques, tels qu'ils sont exposĂ©s par Sextus Empiricus, sont destinĂ©s Ă  produire une isostĂ©nie systĂ©matique des jugements toute proposition peut se voir opposer une proposition contraire tout aussi vraisemblable, en sorte que toute dĂ©cision touchant la vĂ©ritĂ© doit ĂȘtre suspendue. Tout jugement est ainsi relatif Ă  celui qui juge la porte est fermĂ©e pour le chien, mais ouverte pour le moustique qui n'est pas arrĂȘtĂ© par si peu argument de la variĂ©tĂ© des animaux ; tel trouvera cette saveur douce, tel autre amĂšre argument de la variĂ©tĂ© des individus. Tout jugement est Ă©galement relatif Ă  ce qui est jugĂ© un grain de sable paraĂźtra rugueux au toucher, une poignĂ©e de sable semblera douce, etc. En consĂ©quence, il est impossible d'Ă©noncer quelque vĂ©ritĂ© absolue que ce faut-il faire du doute une Ă©preuve provisoire, ou une suspension continue du jugement ? Il revient Ă  Kant d'avoir renvoyĂ© dos Ă  dos les dogmatiques, pour qui la raison peut parvenir Ă  la certitude en toute chose, et les sceptiques pour qui rien n'est jamais certain on est passĂ© de trop de confiance accordĂ©e aux pouvoirs de la raison, Ă  trop de dĂ©fiance. En d'autres termes, si nos facultĂ©s de connaĂźtre ne peuvent pas tout dĂ©montrer, il serait faux d'affirmer qu'elles ne peuvent rien dĂ©montrer du tout. Pour connaĂźtre, en effet, il faut un contenu qui nous est fourni par l'intuition ou expĂ©rience sensible, et un concept qui nous vient de notre entendement ; lorsque les deux sont rĂ©unis, alors la connaissance est effectivement certaine. Cependant, cette conjonction heureuse n'est pas en soi toujours possible il existe des idĂ©es de notre pensĂ©e dont nous ne pouvons avoir aucune intuition. Ainsi, par exemple, nous avons bien un concept de Dieu, ĂȘtre Ă©ternel et ubiquitaire ; mais prĂ©cisĂ©ment, toute perception ne peut avoir lieu que dans le temps et dans l'espace. De lĂ , il ressort que nous ne pouvons pas avoir une intuition sensible de Dieu notre concept de Dieu est destinĂ© Ă  demeurer vide Ă  jamais, en sorte que si nous pouvons bien penser Ă  un ĂȘtre divin, nous n'en pouvons rien connaĂźtre et ne pourrons jamais dĂ©montrer son existence pas plus, au reste, que son inexistence.Il n'y a de connaissance que dans les limites de l'expĂ©rience possible la connaissance peut bien ĂȘtre certaine, mais tout ne peut pas ĂȘtre connu, en sorte que les dogmatiques et les sceptiques ont tous Ă©galement tort. Tout n'est pas douteux, mais nous ne pouvons acquĂ©rir sur toutes nos idĂ©es une certitude indubitable le savoir est rĂ©el, mais il est limitĂ©. ConclusionLors mĂȘme que le doute sceptique nous conduisait Ă  renoncer Ă  la vĂ©ritĂ© elle-mĂȘme et posait qu'il fallait bien nous en passer, l'idĂ©alisme cartĂ©sien affirmait finalement que le doute n'Ă©tait nĂ©cessaire que pour autant qu'il Ă©tait provisoire une fois dĂ©gagĂ© l'indubitable, c'est Ă  la recherche de la vĂ©ritĂ© qu'il fallait passer. Kant nous a permis de renvoyer dos Ă  dos, comme deux excĂšs, ces deux attitudes le doute n'est pas une fin en soi, mais il ne saurait ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une simple Ă©tape sur le chemin de la certitude, parce que les objets qui outrepassent les limites de notre connaissance demeureront Ă  jamais douteux. Comme le disait Husserl, le doute est le geste fondamental pour qui s'enquiert de vĂ©ritĂ©, prĂ©cisĂ©ment parce qu'il doit ĂȘtre maintenu tout au long de notre quĂȘte, dans une constante mĂ©fiance non pas vis-Ă -vis du monde, mais de soi-mĂȘme ne rien accepter comme vrai qui ne soit effectivement dĂ©montrĂ©, se mĂ©fier de sa propre opinion comme possiblement infondĂ©e, voilĂ  le premier pas indispensable Ă  toute recherche de la vĂ©ritĂ©.

douter est ce renoncer à la vérité